Religions

Histoire du dogme Trinitaire :

L’évangile de Matthieu (écrit vers 80-90) se termine par cette phrase : « Allez baptiser les nations au nom du Père et du Fils et du Saint-Esprit. » Première formule trinitaire recensée. Il faudra trois siècles pour que la formulation du dogme trinitaire se voie précisée et définie. Cela nécessitera l’utilisation d’un nouveau vocabulaire emprunté à la philosophie, qui ne pourra laisser la place à des divergences d’interprétation. Pour être unie, et pour transmettre fidèlement l’enseignement des premiers disciples, l’Eglise ne peut se permettre la moindre ambiguïté dans la formulation de ce qui est au coeur de son enseignement : la révélation de l’amour du Dieu trinitaire par Jésus-Christ, Dieu fait homme. Pour mettre le catéchumène sur le chemin de la vérité, l’Eglise se doit de lui apporter une formulation claire et précise de la foi à laquelle il adhère, une profession de foi, ou credo. Les hérésies sont souvent des tentatives de ramener cette foi trinitaire à quelque chose de plus simple à comprendre, de moins exigeant pour la foi. Et cela exige des professions de foi plus précises pour répondre aux questions qu’elles ne manquent de poser.

Le premier credo peut-être se trouve dans la première épître aux corinthiens (8,6 et 15, 3-5) qui date d’environ 60 (voir aussi Ephésiens 4, 4-6). D’autres credo se retrouveront dans différents recueils liturgiques ou sont évoqués par les Pères de l’Eglise, mais la première grande formulation de la foi trinitaire a été faite au concile de Nicée (325) sous l’impulsion de l’empereur Constantin, récemment converti (324).

Le concile de Nicée.

Dans la paix qui s’instaure suite à la conversion de l’empereur se développe une doctrine théologique mettant en cause la qualité même du Christ. Arius, prêtre d’Alexandrie ( mort en 386) niait que le Christ, deuxième personne de la trinité soit égal au Père : pour lui, il a été créé par le Père et même l’incarnation est la production d’un être nommé Verbe différent du Fils. La controverse s’envenime rapidement dans les églises orientales, et Constantin mettant son autorité au service de l’Eglise convoque un concile réunissant tous les évêques, c’est le premier concile oecuménique de l’histoire. On y affirme la « consubstantialité » du Fils et du Père et on y condamne les erreurs d’Arius (condamnation confirmée au concile de Constantinople).

« Nous croyons en un Dieu, Père tout puissant, créateur de toutes choses visibles et invisibles ;
et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils de Dieu, unique engendré du Père, c’est à dire de la substance du Père, Dieu de Dieu, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu, engendré, non créé, consubstantiel (de même nature) au Père, par qui tout a été fait… »

L’arianisme n’a pas fini de séduire puisque ceux qui ont suivi l’actualité avec le 1500ème anniversaire du baptême de Clovis se souviendront que ce dernier a du lui aussi choisir entre l’arianisme et le » catholicisme ». En orient, en tous cas, l’arianisme a bien failli l’emporter après le concile de Nicée. On se trouvera à bien des lieux avec deux hierarchies chrétiennes parallèles l’une « catholique », l’autre arienne. C’est la distinction philosophique entre nature et personne qui permettra de faire avancer le débat : le Père et le Fils sont égaux en nature, mais deux personnes distinctes (concile de Chalcédoine 451). Le Christ a donc deux natures divine et humaine :

« sans confusion, sans changement, sans division, sans séparation  » entre les deux natures.

Cette période aura été une intense période de lutte contre les hérésies qui se développent sur la Trinité, sur la nature du Fils, mais aussi sur le Saint-Esprit dont on soutiendra à son tour qu’il n’est qu’une créature (hérésie pneumatomaque). L’aboutissement en sera le concile de Constantinople (381) qui précisera l’article sur le Saint Esprit, fort bref dans le credo de Nicée :

« …Et en l’Esprit Saint, le Seigneur, qui vivifie, qui procède du Père, qui avec le Père et le Fils reçoit même adoration et même gloire, qui a parlé par les prophètes… »

Le concile de Constantinople de 381 ne sera que le premier du nom, et en 553, au 2 ème concile de Constantinople, un certain nombre de vérités concernant le Christ seront réaffirmées :

« Si quelqu’un ne confesse pas deux naissances du Fils de Dieu, l’une avant les siècles, du Père, intemporelle et incorporelle, l’autre, aux derniers jours, de celui même qui, descendu du Ciel, s’est incarné dans Marie sainte et glorieuse, mère de Dieu toujours vierge, et qui est né d’elle, qu’il soit anathème. »

La maternité divine de Marie a été affirmée au concile d’Ephèse en réponse à l’hérésie nestorienne qui affirmait qu’il n’y avait pas union en Jésus-Christ des deux natures humaines et divines. Cette affirmation de la maternité divine « est pour l’Eglise comme un sceau authentifiant le dogme de l’incarnation selon lequel le Verbe assume véritablement dans l’unité de sa personne la nature humaine sans l’abolir. » (Jean Paul II dans Redemptoris Mater).

Il y a encore des églises nestoriennes au moyen-orient et en Inde.

Les professions de foi ont jalonné l’histoire de l’Eglise avec les développements nécessaires pour réagir face à telle dérive des temps. La dernière en date est probablement celle du pape Paul VI (30 juin 1968) préoccupé par « l’inquiétude qui agite certains milieux modernistes par rapport à la foi ».

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